Suzette épousera-t-elle le rat noir ?
Sur son destrier blanc, Rémy retrouvera-t-il Jojo et son dragon bleu ?
Quelle direction prendre, pour ne jamais emprunter le sentier de nulle part ?
Pour répondre à toutes ces questions, un couple et leurs trois enfants, récemment installés à l'orée de la forêt, devront s'extirper du monde des rêves.
Chapitre I : Rêveries
Il était une fois...
Dans la grande forêt du pays des légendes... Un chalet qui se dressait fièrement au bord de la rivière. Il était construit en rondins noueux et coiffé d'un toit de chaume. Les barrières, d'un blanc éclatant, pouvaient à peine contenir le flot de fleurs multicolores qui s'épanouissaient au pied de celles-ci.
Il y avait vraiment de quoi faire pâlir d'envie tous les jardiniers de la Terre. De la jonquille à la majestueuse corolle, en passant par la pensée aux teintes veloutées, la rose, le bleuet ainsi que la marguerite que tant d'amoureux ont effeuillée. Il semblait que toutes les variétés du monde, s'y étaient donné rendez-vous.
Pourtant, jamais encore personne n'était venu admirer ce décor fascinant, car cette habitation de rêve était enfouie si profondément dans la forêt, que nul n'en soupçonnait l'existence. Mais qui l'avait construite ? Qui l'habitait ? Et qui l'entretenait ? A l'orée de cette immense forêt, venaient de s'installer un couple très uni, avec leurs trois enfants.
Suzette venait juste d'avoir treize ans. Elle était l'aînée. Rémy, venait juste d'avoir neuf ans. Quant à Johan (dit jojo), avec ses six ans, il était le cadet.
Aujourd'hui, vendredi, la classe terminée à l'école du village, ils rentrèrent chez eux, et les devoirs accomplis, ils passèrent la soirée à regarder la nuit tomber sur l'intriguante forêt. Papa avait donné l'autorisation d'aller s'y promener à l'entrée le lendemain matin. Déjà, les deux gamins s'imaginaient d'innombrables aventures. Bien sûr, cette promesse valait à condition que : ils soient accompagnés de Suzette, et ne pas s'éloigner plus loin que la vue ne permette de distinguer leur habitation.
Cette nuit-là, les rêves des trois enfants furent peuplés de songes les plus extravagants. Jojo s'engageait sur le sentier forestier et, à peine en avait-il franchi le seuil, qu'il se trouva nez à nez avec un grand dragon bleu luisant, qui le regardait béatement. Visiblement, le monstre était aussi étonné que lui. Jojo, en preux chevalier de six ans, fit face au gigantesque animal et lui dit : "Ote-toi de mon chemin, sale bête !"
Quelques instants plus tard, Jojo emmenait en laisse le dragon bleu. Celui-ci, à chaque pas, ouvrait la gueule pour laisser échapper un flot de bonbons multicolores aux enrobages succulents, qui retombaient en pluie sur le tapis de feuilles. Pendant ce temps, Rémy s'était déjà enfoncé plus en avant, car à neuf ans, on est toujours le premier dans l'aventure. Ayant contourné un gros chêne, il découvrit un merveilleux cheval blanc qui, broutant quelques trèfles, attendait son chevalier Rémy.
Le garçon enfourcha aussitôt son destrier et s'en alla délivrer Lise. Une compagne de classe dont il était follement amoureux, et qui était retenue prisonnière d'un mystérieux crapaud géant qui désirait l'épouser. Pendant les péripéties de ses frères, Suzette flânait au bord d'un vieux puits entouré de toutes parts d'animaux affectueux.
Elle tendit la main pour caresser le faon qui s'était allongé à ses côtés, lorsqu'une douce et chaude voix retentit derrière elle.
- Bonjour, belle demoiselle !
Je suis le prince de cette forêt, embrassez-moi et je redeviendrai le beau jeune homme que j'étais, avant que la sorcière ne me jette ce mauvais sort. L'adolescente tourna la tête en direction de son interlocuteur. A la vue de l'énorme rat noir qui la regardait fixement de ses yeux rouges, Suzette poussa un hurlement de frayeur.
- Au secours !
Ce cri eut pour résultat de désarçonner Rémy de son fier étalon, qui s'enfuit au galop.
Un étrier accrocha au passage la laisse du dragon bleu qui, étant donné son poids, bascula en avant et se laissa traîner sur le ventre. Rémy voltigea dans les airs en hurlant avant de retomber lourdement sur le sol et perdit connaissance. Quand il revint à lui, il était assis sur la descente de lit, et se frottait les fesses. Jojo fouillait la chambre, tentant de retrouver au moins les quelques bonbons qu'il avait mis en poche.
Tandis que Papa et Maman, accourant à toute vitesse pour voir ce qui se passait, dirent en choeur :
- Eh bien ! En voilà un réveil bruyant !
- De toute façon, il est l'heure de vous lever car il fait déjà jour.
Chacun vint s'installer autour de la grande table afin de prendre son petit déjeuner. Comme tous les samedis, celui-ci se composait de tranches de pain grillées accompagnées de miel ou de confiture de framboises. Le tout arrosé de lait chaud.
Aujourd'hui, c'était pour les enfants un événement, pour la première fois, ils iraient seuls à l'orée de la forêt.
Chapitre II : Désobéissance
Au fond de la forêt, le chalet de rondins entouré de fleurs, semblait encore plus irréel entouré de la brume matinale percée par les premiers rayons du soleil. D'ailleurs, tout ce qui l'environnait, semblait ne pas exister. On aurait pu le croire créé de toutes pièces par un magicien romantique. Tout y semblait si parfait.
La rivière longeant le logis engendrait un glougloutement mélodieux, que semblait accompagner volontairement le chant des oiseaux, le tout guidé par un chef d'orchestre imaginaire.
- Bottés comme il se doit pour une promenade en forêt, Suzette, Rémy, et Jojo, écoutaient distraitement les dernières recommandations de leurs parents.
- Compris les enfants ? Obéissez bien aux conseils de votre grande soeur ! Dit maman.
- D'ailleurs, ajouta papa, lorsque je sifflerai, cela voudra dire qu'il est temps de rentrer pour le repas.
Bien trop excités, les trois gais lurons s'étaient déjà éloignés, lorsqu'ils répondirent en coeur : ok p'pa !
Sans bien sûr avoir retenu grand-chose de ce qui venait de leur être dit.
Un peu plus tard, ils avaient déjà atteint les limites permises, et n'apercevaient dès lors plus l'habitation que comme une petite maison de poupée.
Après s'être amusés un peu à "chat perché", croisés quelques branches en guise d'épées, et observés plusieurs champignons aux formes bizarres, ils connaissaient leur nouveau terrain de jeu comme leur poche.
- Bon ! Et maintenant, que faisons-nous ? , Questionna Rémy.
- Allons voir un peu plus loin ! , Proposa Jojo.
- Ouais, bonne idée ! , Répondit Rémy.
- Regardez, fit ce dernier, il y a trois sentiers, face à nous !
Donc si nous empruntons celui du milieu, nous ne saurions nous égarer, et s'il se divise à nouveau, nous faisons demi-tour. Voilà ! De cette façon, nous ne pouvons nous égarer.
- Pas question !, Gronda Suzette en qui les parents avaient placé toute leur confiance. D'ailleurs, si nous nous éloignons encore, ajouta-t-elle, jamais nous n'entendrons le sifflements de papa. Alors ce sera la punition garantie pour nous tous.
- Bof ! , Par ce calme, on entendrait respirer une huître à un kilomètre, répondit Rémy.
Afin d'appuyer les arguments de son frère, Jojo ajouta : écoutez, on entend même notre chat miauler. Oui, oui ! , Il a raison, donc rends toi compte de la puissance des sifflements de papa, insista Rémy.
- Non, non ! , C'est inutile, persista Suzette. Je suis d'accord, on entendrait certainement les appels, mais ce serait désobéir aux ordres de maman et papa.
- Bon ! , Dit Rémy, reste donc là bébé, nous les hommes, nous allons faire un tour.
Sur ces mots, les deux galopins s'enfuirent en riant en direction du sentier central. Venez ici, garnements hurla Suzette.
Hooo..., vilains, je le dirai à maman, cria-t-elle.
En quelques secondes, les deux gamins avaient disparus, comme avalés par la végétation abondante. Restée seule, la fillette ne savait si elle devait rentrer chez elle prévenir ses parents, ou poursuivre ses petits frères. Elle réfléchit quelques instants, et se dit : si je rentre, ces deux petits voyous sont capables de s'égarer pour de bon. Et dans ce cas, comment savoir ou ils seront allés se nicher ?
Suzette décida donc que la meilleure solution était de retrouver Rémy et Jojo au plus vite. Et sitôt, elle s'engagea sur le sentier du milieu, et fut rapidement absorbée par le feuillage touffu. Ayant parcouru quelques centaines de mètres, la fillette héla :
- hoéééé ! Où êtes-vous ? ...Rémyyy...Jojo... !
Mais, à ses appels, seuls répondirent quelques cris stridents d'animaux effrayés.
- Ecoute ! , Dit Rémy en s'adressant à Jojo, Suzette s'est enfin décidée à nous suivre.
Laissons la donc nous chercher un peu, ajouta-t-il.
Ne voyant là, qu'un jeu amusant, les deux garçonnets s'enfuirent et s'enfoncèrent ainsi, encore un peu plus profondément dans l'inconnu.
Mais hélas, comment auraient-ils pu savoir, qu'ils venaient de s'engager sur le sentier de nulle part.
Chapitre III : Un monde étrange
Fuîîît...fuîîît...fuîîît... !
- Bon sang ! Mais où sont-ils donc ? S'exclama papa qui venait d'envoyer, pour la cinquième fois, le signal convenu.
- Viens ! Dit maman, allons les chercher, car ils sont certainement trop occupés à leurs jeux.
Tous deux se dirigèrent dans la direction qu'avaient prise quelques heures auparavant, le trio de joyeux drilles. Dès qu'ils furent arrivés sur les lieux où, normalement les enfants devaient se trouver, le couple s'inquiéta sérieusement. Rien... personne... pas un bruit, si ce n'est le bruit de l'envol de quelques oiseaux effrayés par leur présence.
A nouveau, ils appelèrent les petits. Papa eut beau siffler à en perdre haleine, aucune réponse ne leur parvint. Commençons par le sentier de gauche, dit maman. Et nous prendrons celui du centre ensuite et terminerons par le dernier à droite, ajouta le père.
Ainsi fut décidé. Ayant parcouru une distance d'environ deux cents mètres, l'étroit chemin se terminait en cul-de-sac.
- Faisons demi-tour, et essayons le suivant dit papa.
Entre-temps, Suzette avait réussi à rejoindre ses frères.
- Eh ! Venez voir, le sentier se divise en deux à présent, et forme une fourche, s'exclama Rémy.
- Brrr ! Il y fait encore plus sombre, répondit Jojo.
- Maintenant ca suffit ! Dit Suzette. Il est plus que temps de rentrer.
- D'accord ! Maugréèrent les deux gamins.
Les enfants reprirent en sens inverse le chemin qu'ils avaient parcouru. Quelle ne fut pas leur surprise, en découvrant au bout d'une dizaine de mètres, à nouveau la même fourche divisant le sentier.
- Comme c'est étrange dit Suzette, pourtant le chemin était droit lors de notre passage précédent.
- Retournons un peu en arrière, dit-elle nous avons du ne pas remarquer qu'il y avait deux directions.
Mais un peu plus loin, toujours la même fourche se présentait devant eux. A présent, une brume envahissait les lieux, réduisant la portée du regard à seulement dix ou quinze pas. Mon dieu ! Nous sommes perdus ! Quel est soudain ce monde étrange qui nous entoure ? , Murmura Suzette.
Chapitre IV : Le sentier de nulle part
Les parents étaient maintenant depuis des heures, à la recherche des enfants, et devenaient de plus en plus inquiets. La nuit ne tarderait pas à tomber, ce qui leur rendrait la tâche encore bien plus difficile. La mère proposa à son mari : "et si nous retournions voir à la maison ? Peut-être ont-ils trouvés leur chemin et nous attendent bien confortablement chez nous."
Ainsi fut fait. Mais arrivés à la maison, rien, personne. Tristement, papa se munit d'une torche électrique, et ils repartirent aussitôt fouiller les bois. Il faisait à présent totalement nuit. Près de deux heures s'étaient écoulées depuis qu'ils s'étaient de nouveau engagés sur le sentier central.
- Bon sang ! Tonna le père, ce sentier ne finit donc pas par aboutir quelque part ?
A peine venait-il de prononcer ces mots, qu'à faible distance, il aperçut une faible lueur blanchâtre se mouvant lentement dans le faisceau de la lampe torche.
- C'est vous les enfants ? Crièrent-ils en coeur.
Mais leur appel demeura sans réponse.
- Allons voir de plus près dit ! La maman.
Peu après, ils se trouvèrent face à un véritable mur de brume épaisse. Ils s'y engagèrent, mais impossible de distinguer quoi que ce soit dans cette purée de pois, ils durent donc rebrousser chemin.
- Essayons, en attendant que la brume se lève, de fouiller le sentier de droite, dit papa.
L'aube pointait, lorsqu'ils revinrent à l'orée de l'immense forêt, et hélas, sans résultat.
Il restait donc le sentier central comme seul espoir d'aboutir quelque part.
- Vas donc te reposer ma chérie, dit le père à son épouse, moi je retourne à l'endroit ou se trouvait cet épais brouillard, qui nous à empêchés d'aller plus loin. Et surtout, ne t'inquiète pas trop, Suzette est très capable de se débrouiller. Certainement, qu'ils se sont un peu égarés, et surpris par la tombée de la nuit, ils se sont trouvés un abris en attendant l'aube.
Sur ces paroles réconfortantes, le pauvre homme repris seul la direction de la forêt. Plus tard, horreur, le mur de brume était toujours là. Ce qui empêcha le pauvre père d'aller plus en avant. Les recherches furent remises au lendemain, mais cette fois encore était planté là, l'épais brouillard. Et le surlendemain aussi. Et encore le jour suivant, et la semaine suivante également. Deux semaines maintenant s'étaient écoulées.
Chaque jour, le père accablé se trouvait face à la brume infranchissable. Ce soir encore donc, il devrait annoncer à son épouse que ce sentier ne menait décidément ...nulle part.
Chapitre V : Le naufrage
L'hiver se faisait plus rude de jour en jour. Désespérant retrouver leurs enfants, papa et maman, décidèrent de mettre une barque à l'eau dans la rivière qui traversait le bout du sentier de droite. Aujourd'hui, en plus du froid, la neige était venue étendre son manteau blanc.
Ils ramaient depuis près d'une heure, exténuée, la mère demanda à son époux de s'arrêter un peu. L'homme, ayant abordé la berge, amarra la barque. Il tendit une couverture sur des branches basses, construisant ainsi, un frêle abri pour son épouse. Après s'être alimentés, et pris un peu de repos, ils décidèrent de reprendre immédiatement les recherches avant que la nuit ne les en empêche. Maman était occupée de replier la couverture, lorsque papa s'écria : "Vite, la barque va se détacher !"
Le courant était assez violent, et un énorme tronc d'arbre dérivant, était venu percuter la frêle embarcation. La corde était tendue à se rompre. L'homme las et engourdit par le froid cinglant, tenta de retenir la barque. Mais la corde, soudain céda sous la tension.
Le père tenta de sauter dans la barque. Mais à bout de force, il la manqua de peu, et se trouva emporté par le courant.
La mère, affolée courut vers le bord de la berge. Le spectacle qui s'offrit à ses yeux, lui déchira le coeur. La corde s'était nouée malencontreusement autour du bras de son mari, et l'entraînait dans les eaux tumultueuses. Soudain, l'embarcation chavira, et en quelques secondes, tout fut englouti par les flots glacés.
- Non... pas ça... !
Je n'en peux plus, sanglota la pauvre femme. D'abord mes enfants, maintenant, mon mari, cette satanée forêt m'as pris tous ceux que j'aimais. De désespoir, elle se laissa tomber à son tour dans les remous en furie. Au contact de l'eau glacée, elle perdit immédiatement connaissance.
Chapitre VI : La corne de brume
- Tiens... quelle est cette barque devant notre chalet ?
- Mon dieu ! Venez vite, il y a deux corps allongés sur la berge.
L'homme reprenait connaissance lentement, et la femme venait d'ouvrir les yeux. Le froid avait cédé la place à la douce chaleur du soleil de printemps.
- Youpiiie ! C'est papa et maman, hurlait Jojo en direction du chalet. Eh ! Bien, fais les donc entrer, dit une grosse voix grondant comme le tonnerre. Et passant la tête par la fenêtre, l'énorme dragon bleu cracha un flot de fleurs multicolores en direction des nouveaux visiteurs.
- Mais... ! Mais... ! Où sommes-nous ? Que s'est-il passé ?
Papa et maman, avaient à présent repris tous leurs esprits.
De joie de revoir leurs enfants sains et saufs, tous deux éclatèrent en sanglots Ils accompagnèrent Suzette jusque dans le chalet mystérieux.
- Soyez les bienvenus messieurs dames, en mon modeste refuge de solitude ! Dit le grand rat noir qui les accueillait. Visiblement, Suzette ne l'avait pas encore embrassé pour qu'il redevienne Prince.
- Moi, je m'en vais chasser le dîner sur le champs, dit le chevalier Rémy, en enfourchant son cheval blanc.
- Et moi, dit Jojo, je vais prévenir toute la population, de votre venue parmi nous dans la forêt magique du sentier de nulle part.
Sur ces mots, il empoigna une espèce de longue corne de brume, et se mit à souffler de toutes ses forces. Tous furent contraint de se boucher les oreilles.
- Aïe... ! Jojo, s'il te plaît, arrête ce bruit est insupportable, demanda papa.
Mais Jojo, soufflait de plus belle. Papa avait tellement mal aux tympans, qu'il tenta de récupérer l'instrument. En se dirigeant vers son petit garçon, il s'emmêla les pieds dans la longue queue du rat noir. Il bascula par-dessus la chaise ou maman était assise, et fit une pirouette avant de tomber dans les pattes du dragon bleu.
Un raffut du tonnerre s'ensuivit. Papa battait l'air de ses bras, et maman le regardait étonnée. Elle arrêta le réveil matin.
Elle alla ensuite relever son mari qui, allongé sur la carpette à côté de la table de nuit renversée, continuait à brasser l'air de ses bras largement écartés. Suzette, Rémy, et Jojo, firent irruption dans la chambre de leurs parents.
- Ouais... ! C'est enfin samedi, allons nous préparer pour la ballade en forêt, s'écrièrent-ils joyeusement.
Entre-temps, papa s'était assis sur le bord du lit, et se demandait encore s'il avait vraiment rêvé.
- Et si nous y allions tous, proposa-t-il avec l'air le plus sérieux du monde.
Sait-on jamais !
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