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Les Chevaliers du Ciel

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   Tout est calme, et il ne pleut plus.
Cette nuit, j'ai été le témoin du plus beau combat de chevaliers que l'Histoire n'ait jamais connu:
La guerre des éléments!
   Tout d'abord, les nuages se mirent à sangloter;

La pluie était si triste.
Le vent, inquiet, et aspirant à remonter le moral de cette pauvre pluie qui semblait si malheureuse, souffla une légère bise, qui rafraîchit un peu ses gouttelettes.
Elle se sentit donc en confiance, il accepta ce rôle de confident, il n'eut d'autre choix de toute façon, et il l'écouta pleurer dans la nuit.
Il écouta les confidences de cette pluie désespérée, il écouta son énorme problème, la cause de ce chagrin qui inondait les populations.
Demain, elle devrait épouser le tonnerre, elle n'y tenait point.
Bien que ce dernier était éperdument amoureux d'elle, elle savait qu'il n'avait que faire de ses sentiments, et ce qu'il pensait être de l'amour n'en était pas.
Les nuages, inconsolables, pleuraient de plus belle, et le vent continuait de souffler sa douce bise, qui se voulait rassurante.
   Tout à coup, la pluie entendit l'orage approcher, alors elle paniqua.
Il les surprit, le vent et elle, tous les deux, seuls dans la fraîche nuit.
Il piqua une crise de jalousie, et la colère monta en lui!
Son cœur s'emplit de rage et de chagrin à la fois.
Le tonnerre gronda.
Les éclairs claquèrent, s'entrechoquèrent, court-circuitèrent les maisons.
Le vent décida de se défendre, la bise disparut, et de violentes rafales déracinèrent tous les arbres de la région.
Le vent souffla, l'orage fit tomber la foudre;

Et les nuages, frappés, transpercés, déchirés ça et là, coulaient à flots.
Les gouttes de larmes dégoulinaient, cassaient les feuilles, car trop fines pour supporter autant d'eau.
La pluie n'osa pas s'interposer entre les deux chevaliers des airs, terrorisée par le bruit, effrayée par la violence que dégageait chacun d'eux.
   Toute la nuit, j'assistai à cette magnifique bataille qui opposait ces deux prétendants:

Un orage d'une jalousie déchirante, affrontant un vent d'ouest, d'une amitié fidèle, pour cette pluie dont ils étaient tous deux épris.

   J'étais en pyjama, debout sur une chaise, il était très tard!
Mes doigts étaient gelés, posés sur le rebord de la fenêtre.
J'étais tellement absorbé par le déroulement de l'action, que je ne remarquai même pas que j'avais froid, que la pluie trempait mes cheveux, ainsi que mon pyjama.
Mon père me fit sursauter, constatant avec effroi que je n'étais toujours pas couché, mouillé, et mes doigts rouges!
Je lui dis simplement:
"Regarde, Papa, c'est le combat des Chevaliers du Ciel!
- Mais qu'est-ce que tu racontes? C'est une tempête! Allez viens! Tu vas attraper la grippe!"
Rétorqua-t-il, claquant le vasistas, me descendant de la chaise, faisant retomber mon moral au plus bas.
   Son raisonnement me révolta, et m'inquiéta à la fois!
Je ne voyais pas en quoi la tempête avait le moindre rapport avec ce fabuleux spectacle chevaleresque!

Moi, Valentin, 7 ans et demi, avait réussi à capter une guerre des éléments planétaires, et je me posai une question qui me fit froid dans le dos:
"Qui d'autre avait vu ce formidable duel?"
En me couchant, une deuxième question envahit mon esprit:
"Si j'étais le seul?"
Je m'endormis, car les réponses si urgentes que j'attendais se faisaient trop longues à venir;

Et puis, la nuit porte conseil!

   Ce matin, quand je me suis réveillé, une troisième question m'obséda durant tout le petit déjeuner:

"Etait-ce un rêve?"
Non.
Je regardai dehors, les feuilles étaient encore trempées de la veille, certaines même avaient craqué sous le poids des gouttes d'eau;

J'écoutai la radio, d'importantes inondations avaient ravagé toute la côte Nord du pays.

Je sortis chercher le courrier, et une pulsion insolite me fit lever la tête vers le haut, les nuages étaient encore là, toutefois j'aperçus un coin de ciel si bleu et si clair, que je me demandais si hier soir avait réellement eu lieu, malgré les nombreux éléments qui me donnaient raison.
Mais le soleil me fit un grand sourire;

M'incitant à contempler encore ce bel infini, où je trouvai un arc-en-ciel.

 

   Jane L'her

 

 

 

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